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A Milan, le Mémorial de la Shoah devient un refuge pour migrants
Publié le : 09-09-2015

Les Echos

Olivier Tosseri / Correspondant à Rome | Le 09/09 à 07:00

Face à l'afflux massif de migrants dans la gare de Milan, un refuge a été ouvert dans un lieu symbolique de la Seconde Guerre mondiale.

« Indifférence ». Un cri qui s'étale en toutes lettres gravées sur un mur en béton gris. Il masque des wagons à bestiaux d'époque dans lesquels voyageaient les déportés vers Auschwitz. Le Mémorial de la Shoah de Milan a ouvert en 2013, l'année du début de Mare Nostrum, dans les sous-sols de la gare centrale, Binario 21, quai 21. Il y a encore quelques mois, c'est ici qu'arrivaient les trains de nuit empruntés par les réfugiés voulant refaire leur vie en Allemagne. Il y a soixante-dix ans, c'est d'ici que partaient les trains de déportés pour les camps de la mort du Reich.

Un lieu de mémoire intact qui revient au coeur de l'actualité depuis que Milan est devenu l'une des portes d'entrée des migrants en Europe du Nord. Plus de 70.000 migrants y ont ainsi transité depuis le début de l'année. Plus de 2.500 se sont arrêtés une nuit ou quelques heures dans le vestiaire du mémorial transformé en refuge. Chaque jour, une quarantaine de personnes en moyenne y font halte dans l'attente du premier train pour Munich ou Vienne. Elles peuvent dormir sur des lits de camp, prendre une douche ou se restaurer. Une peluche traîne sur une table. Des vêtements sont alignés sur des cintres et, sur le mur, dansent les caractères d'un message écrit en amharique (éthiopien). « 48 migrants ont dormi ici hier. 9 femmes, 6 mineurs, 18 personnes âgées, 3 Syriens, 8 Erythréens, 14 Soudanais… » Adil extrait la liste de son portefeuille. Cet ancien informaticien marocain de trente-quatre ans accueille bénévolement les migrants et prend en note leur pays d'origine. Mais ce n'est pas simplement des chiffres qui s'alignent ou des noms de pays qu'il égrène. Ce sont des hommes, des femmes et des enfants dont il recueille le témoignage, qu'il conseille et dont il vainc la méfiance pour apaiser les souffrances et les angoisses d'un périple dont la destination n'est plus désormais qu'à quelques heures de voyage.

« Je vois passer de tout », soupire Adil en faisant défiler sur son téléphone les photos de moments de détente partagés avec les réfugiés, dont beaucoup restent en contact avec lui. Des familles décimées par des naufrages, des déserteurs, des personnages âgées blessées ou des enfants brûlés. « Ils rêvent tous d'aller en Allemagne, en Suède ou en Norvège. Là où certains ont déjà des amis ou des parents, où les conditions d'accueil sont bien meilleures qu'en Italie et où ils auront plus de chance de trouver un travail. »

« Parler des drames des personnes »

Lorsqu'en juin dernier la France et l'Autriche rétablissent les contrôles aux frontières à Vintimille et au col du Brenner, la nasse se referme sur des centaines de réfugiés. Dans le hall de la gare, le chaos de leur campement de fortune s'ajoute à la cohue des voyageurs. La communauté catholique de Sant'Egidio, dont Giorgio Del Zanna est un membre actif, décide alors de proposer l'ouverture d'un refuge dans le Mémorial. « Un formidable élan de solidarité interreligieux s'est immédiatement mis en place, raconte-t-il. L'aide, notamment les repas, n'est pas fournie par les autorités mais par les paroisses, l'Eglise anglicane, les communautés juives et même le temple bouddhiste. » Pour Giorgio Del Zanna, cet élan est en train de naître également en Europe auprès des opinions publiques, dont le regard sur la crise migratoire a changé. La mise en place de quotas contraignants va, selon lui, dans la bonne direction. « L'Europe doit choisir : subir le défi de l'Histoire ou lui donner une réponse à la hauteur de sa tradition d'humanité. Sortir du récit de l'invasion des migrants pour parler des drames des personnes. » Pour que l'indifférence gravée sur le mur du Binario 21 ne se répète pas.


Olivier Tosseri, Les Echos
Envoyé spécial à Milan




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Source/Lien : Les Echos



   
 
   
 
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